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Faire carrière en avancement institutionnel : Conseils de pros

mars 2021

Par : Janet Sailian

Deux associations professionnelles globales représentent le secteur de l’avancement de l’éducation en Amérique du Nord : le CASE (Council for Advancement and Support of Education) aux États-Unis depuis 1974 et le CCAE (Conseil canadien pour l’avancement de l’éducation) au Canada depuis 1993. Et pourtant, en dehors du milieu académique, l’avancement est une carrière qui demeure largement invisible.

En 1985, James L. Fisher, président émérite du CASE (1978-1986), avait un rêve pour la profession de l’avancement : elle deviendra « si bonne, honorable et importante que les enfants rêveront d’être professionnels de l’avancement quand ils seront grands. »*

Sommes-nous rendus là? Depuis 1998, des programmes comme celui des prestigieuses bourses TD Assurance en avancement institutionnel du CCAE ont contribué à mieux faire connaître les prometteuses perspectives de carrière qu’offre l’avancement ainsi que les avantages pour le domaine d’un accroissement du professionnalisme et de la spécialisation.

Lors d’entrevues menées au début de 2021, quatre leaders chevronnés du domaine ont révélé que lorsqu’ils étaient jeunes, ils ne pouvaient rêver d’un travail dont ils ignoraient l’existence même : faire progresser le secteur de l’éducation par les relations avec les diplômés, les communications marketing, le développement ou les autres spécialités de l’avancement (incluant les services de promotion institutionnelle et les relations gouvernementales).

Alors, comment ces leaders de l’avancement ont-ils fait pour mener de florissantes carrières s’étendant sur un quart de siècle ou plus? Quels conseils et points de vue souhaitent-ils communiquer à leurs collègues en milieu ou début de carrière? Poursuivez votre lecture pour un aperçu de leurs précieuses observations.

Le CCAE offre ses sincères remerciements aux personnes qui suivent pour le temps et la réflexion qu’elles ont accordés à nos questions (réponses révisées et condensées) :

Natalie Cook-Zywicki, directrice générale de l’Association des diplômés et vice-rectrice associée, relations avec les diplômés, Université de la Colombie-Britannique

Mme Cook-Zywicki a précédemment travaillé aux universités McMaster et Brock.

Tracy MacLeod, CFRE, agente principale d’avancement, Université Laurentienne, et membre du conseil d’administration du CCAE. Mme MacLeod a précédemment travaillé à l’Université Queen’s (campagne annuelle) et à l’Université Nipissing (relations avec les diplômés et développement)

Jeff Todd, ancien président du CCAE, président et chef de la direction, UNM Foundation (Université du Nouveau-Mexique). M. Todd a précédemment été vice-recteur associé / directeur général, alumniUBC, Université de la Colombie-Britannique, et directeur, relations avec les diplômés / directeur général, association des diplômés, Université d’État de l’Oregon

Susan Wright, directrice, service après-don, Université McMaster

Qu’auriez-vous souhaité savoir au sujet de l’avancement au début de votre carrière? Qu’auriez-vous fait différemment?

Natalie : J’ai progressé dans ma carrière sans personne pour me tracer la voie, sans avoir une idée claire de ce que je voulais réaliser. Chaque fois que j’acceptais un nouvel emploi, de nouvelles responsabilités, je devais définir la marche à suivre. J’aurais dû établir plus tôt des liens avec d’autres au lieu de chercher à « réinventer la roue ».

Tracy : Ce que j’aurais aimé savoir, c’est qu’une carrière en avancement peut s’avérer incroyablement gratifiante. Comme la plupart des gens, je suis arrivée à l’avancement par hasard. J’ai eu la chance de trouver un emploi sur le campus de l’Université Laurentienne : appeler les diplômés pour solliciter leurs dons. J’ai eu l’occasion de me familiariser avec l’ensemble des services et des soutiens accessibles à tous les étudiants, des services auxquels je n’ai pas nécessairement eu recours quand j’étais étudiante.

 Jeff : Au départ, je ne savais pas que l’avancement offrait une telle profusion de possibilités. J’ignorais aussi à quel point c’est un privilège et une grande satisfaction de travailler à stimuler l’implication de nos partenaires et à accroître le soutien pour l’éducation supérieure. Il y a aussi les merveilleuses relations qui s’établissent avec les donateurs, les diplômés, les professeurs, le personnel et les étudiants et qui évoluent de façon tellement significative.

Susan : Je ne changerais rien! J’étais totalement néophyte lors de mon initiation au monde de l’avancement en 1995. Dans mon premier travail à McMaster, je devais coordonner les sections de l’association des diplômés – et je n’avais aucune idée de ce qu’étaient ces sections! Ces premières années restent un souvenir très cher à mon cœur.

Qui sont les principaux alliés ou partenaires pour les professionnels de l’avancement en début ou milieu de carrière?

Natalie : Je crois que le CCAE a joué un rôle déterminant dans la création de la communauté canadienne de l’avancement et d’un réseau de collègues typiquement canadien. J’espère que les jeunes qui entrent dans la profession savent maintenant que c’est une profession à part entière et respectée. Nous tenons pour acquis tellement de services professionnels dont nous disposons désormais.

Tracy : Il est très important d’avoir un collègue/confident en dehors du milieu de travail, une personne que vous pouvez appeler pour une séance de réflexion ou de confrontation d’idées, une personne qui vous met au défi de penser différemment. J’ai développé par l’entremise du CCAE des réseaux et des liens qui se sont avérés inestimables tout au long de mon cheminement professionnel.

Jeff : Six catégories de partenaires clés me viennent à l’esprit : les leaders et gestionnaires de l’avancement dans votre école ou université, les pairs et collègues avec lesquels vous travaillez, les dirigeants bénévoles qui ont les compétences, l’expérience et la perspective que vous n’avez pas, les leaders académiques dans votre établissement, les leaders d’opinion en avancement de votre école ou de votre université et les consultants et autres intervenants qui fournissent une expertise externe et des services à vos équipes.

Susan : Ayant eu de formidables mentors dès le début, j’ai eu la chance d’apprendre des meilleurs. Je crois que je ne réalisais pas que le travail que je faisais allait devenir une carrière à vie. Je me sens privilégiée de travailler avec de remarquables professionnels de tout le Canada et de partout dans le monde.

McMaster a instauré un programme par lequel tous les nouveaux professionnels de l’avancement sont jumelés à un « accompagnateur », un collègue de l’avancement qui peut leur indiquer où prendre leur pause-repas, répondre aux questions qu’ils ne seraient pas à l’aise de poser, etc.

J’ai assisté à mon premier congrès du CCAE juste après le début de mon premier emploi, en 1995. Il s’agissait du volet du congrès destiné aux nouveaux venus, et j’y ai rencontré des collègues qui sont encore pour moi aujourd’hui de grands mentors. Ce sont des relations essentielles et elles m’ont aidée à maintes reprises au fil de ma carrière.

Comment le personnel peut-il s’assurer de continuer à progresser et à se perfectionner au plan professionnel?

Natalie : Les gens sont de plus en plus à l’aise avec l’engagement virtuel en cette ère post-pandémie et de contraintes budgétaires. De très intéressantes possibilités nous sont offertes de façon virtuelle et en ligne, mais rien ne peut remplacer l’expérience complète et entière offerte par les sommets et les congrès nationaux en personne.

Tracy : J’ai tiré profit de chaque possibilité qui se présentait à moi, apprenant tout ce que je pouvais à propos de l’avancement de l’éducation. Être au bon endroit au bon moment et démontrer aux gens à quel point je pouvais travailler fort m’ont aidée à progresser dans ma carrière.

Jeff : Le personnel doit s’engager activement dans des activités de réseautage et participer aux programmes de perfectionnement professionnel, autant comme participant que comme conférencier ou panéliste. Être réceptif aux critiques constructives et, surtout, participer à une évaluation à 360 degrés.

Susan : Il est essentiel d’établir d’excellentes relations avec les collègues qui, dans nos établissements, appuient notre travail – services des finances, des sports, d’hospitalité, bureau du recteur, etc. Ça prend un village pour faire notre travail; plus nos relations sont solides, mieux nous pouvons faire notre travail.

Familiarisez-vous avec les autres disciplines de l’avancement. Si vous travaillez dans les communications, assistez à des événements destinés aux diplômés. Si vous travaillez en développement, cherchez à savoir ce qu’implique la rédaction d’un communiqué de presse ou d’un article pour le site Web. Cela vous sera utile et vous permettra d’être un partenaire collaborateur en avancement. Soyez bénévole pour votre établissement – familiarisez-vous avec son histoire, son évolution.

J’encourage aussi tout le monde à être bénévole pour le CCAE, l’AFP ou d’autres groupes similaires.

Quelle valeur relative accorder à chacun de ces scénarios : rester dans le même établissement, dans le même domaine de l’avancement, pendant de nombreuses années ou pendant toute sa carrière, versus travailler dans différents établissements et occuper différents rôles?

Natalie : Le fait de travailler dans trois universités différentes et dans différents domaines m’a permis de mieux faire mon travail. J’ai une compréhension beaucoup plus approfondie des divers secteurs de l’avancement. Je comprends la culture, les défis et les techniques de la collecte de fonds, ce qui a enrichi mon travail dans le domaine des relations avec les diplômés.

Tracy : J’ai travaillé dans trois universités différentes au fil de ma carrière en avancement. Cela m’a exposée à des villes différentes, à des cultures universitaires différentes et à des personnes différentes. Quand j’ai finalement pu retourner à mon alma mater il y a 17 ans, j’avais le sentiment d’y retourner avec une perspective beaucoup plus vaste sur le monde et sur l’avancement.

Jeff : J’ai toujours essayé de témoigner d’un sain respect et d’un réel enthousiasme pour la culture et les traditions de l’établissement, son emplacement géographique, ses gens et ses processus, tout en gardant bien en tête la raison pour laquelle je m’étais joint à l’équipe au départ. C’était souvent en raison de ma perspective, de mon expérience et de mon leadership. Une bonne pratique est une bonne pratique.

Susan : La valeur d’une longue carrière dans un même établissement réside dans la continuité des relations, à l’interne et à l’externe, et dans la connaissance globale de l’établissement.


* The Artisans of Advancement, par Donna Shoemaker, CASE Currents, juillet / août 2003 [C’est nous qui soulignons]

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